L’édifice Social

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Le temps se fige sous mes pas de fourmis – mes muscles dans cette situation d’amyotrophie
Cette journée n’existe point et me fait disparaître sous sa volonté
La Reine de l’impuissance que voici, que voilà. Par enchantement, elle dicte l’intégralité de mes comportements
Mes mouvements, inspirés du Grand Vide – se déploient dans l’invisible et vers l’inconnu.
Cet inconnu qui pourtant, m’évoque tant de vieux démons déjà rencontrés… Quel nom te donner ?
Ce sont des retrouvailles funestes

Un écho, silencieux et intérieur est venu frapper à ma porte – Il n’a point attendu mon accord – Il m’écœure
Ce silence qui fracasse toute cette carcasse impersonnelle – Où est cette chair tendre que l’on aime sentir, qui nous réchauffe en ces soirées d’hiver et nous apporte un peu de douceur
Cette journée me renvoie ce sentiment d’inversion – Le jour est la nuit… Et cette dernière vient réveiller la Vie
Je visualise le monde autour de moi, sans pouvoir prétendre y appartenir
Je le perçois de loin, très loin – comme si je n’étais point là
Mon visage, blême, me laisse invisible aux yeux de chacun – Des yeux plein d’ivresse – Mon propre regard me renvoie à un corps invisible, une âme trop lointaine pour y trouver cette jolie contemplation
Je répète ces actions, dîtes naturelles et quotidiennes – Mais le lien a disparu, je ne comprends plus ces mouvements – On me détache de mes repères – Un par un.
On essaie, on recommence – Rien ne s’emboite, plus rien n’appartient à cette réalité connue
La réflexion est mise au repos, mais encore une fois, nous n’avons pas été avertis de cet inconfort
Qui sommes nous dans ce nouveau Monde ? Comment existons-nous sans ces schémas lointains ?
La parole fait place au silence – cet artiste de l’introspection fait son entrée
Je revois ces parcours, empreintés ou non qui m’ont construite et déséquilibré
L’envie m’a abandonné au moment même où mes pieds sont sortis du lit – me laissant à l’abandon, dans un No Man’s Land – un espace sans frontière
Le temps m’envoie des bourdonnements dans les tympans, je le sens vibrer dans un environnement soit disant familier – Bonjour…
Seule la portée du vent sur mon visage éveille un soupçon de Vie, me laissant face à mon intérieur, dans ce non mouvement
Je respire, je crois
Le passage se fait par saccade – J’en oublie le fonctionnement de mon organisme et ses besoins
Je ne reconnais plus personne, mon visage – surpris à chaque venue — Qui êtes vous ? Je ne peux sortir de cette bulle d’isolement – Je rentre dans ce mutisme qui me semble me coller au corps à chaque visite de cette lumière sombre – L’amour en moi, est aveugle – il apprend juste à se rediriger Sa canne, encore hésitante, trace  son chemin à la craie blanche – Mais quand viendra la pluie, qui saura retranscrire ce message ? Mes propres sens sont paralysés – Appelant alors à ces intuitions de devenir maîtresse de ma vie
Mon cœur est devenu frileux  – Peureux
Les relations actuelles sont entretenues par des accords, des intérêts – Que puis-je faire pour vous Madame X ? Cela me fait grimacer et gémir intérieurement lorsque je suis face à ce constat et que j’y participe – Ces transformations viennent assombrir notre ciel commun
Nous pouvons choisir de se séparer de ces anciens schémas – si seulement c’est encore de l’ordre du conscient
Je peux vous sentir être lorsque je ne suis plus, je peux écouter la mélodie de votre cœur lorsque je suis privée de mon ouïe et enfin je vous vois quand mes yeux ont tellement pleurés qu’ils m’offrent uniquement une vision floue et subtile – pleine de ressentis
Démunissez-vous du surplus – Retrouvez-vous entièrement
Aujourd’hui,  je n’ai point d’habits à ma taille – Alors mon voyage se fait à corps perdu dans ce désert sans même la vision d’un Oasis – avec seul compagnon : Moi m’aime – entièrement nue

Aujourd’hui  n’a pas existé dans cette dimension – j’ai dû m’absenter et voguer afin de rejoindre  d’autres contrées – Une Terre Sacrée je l’espère
J’y ai croisé quelques amants abandonnés à leur plaisir partagé – des familles dans l’abondance de leurs sentiments – et une Nature qui venait les sublimer
Etiez-Vous de ce Côté ?

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